8 mars: Fête de la femme

8 mars: Fête de la femme Soeur Antonia Colombo

Une fête qui revient tous les ans, caractérisée par des branches de mimosa, de dons, de souhaits. Peu de personnes qui réfléchissent sur la chronique quotidienne se questionnent sur la signification de cette journée commémorative. Même nous, Filles de Marie Auxiliatrice, nous nous posons peut-être des questions sur la valeur réelle de cette fête. Mais, salésiennement, nous soulignons l'aspect positif et valorisons l'opportunité pour reproposer et approfondir la vision anthropologique que notre famille religieuse a cultivée de-puis les origines et, dans les dernières décennies, a élaborée dans le dialogue avec d’autres proposi-tions culturelles. C’est à peine le cas de se rappeller que, malgré les grandes transformations du rôle de la femme dans la société au cours du XX siècle, surtout dans les pays soi-disants développés, reste une grande incertitude sur ce que comporte être femme aujourd'hui. Cette année, en Italie, le Ministère pour les biens et les activités culturels propose le slogan la femme et l'art, avec un riche programme gratuit de concerts, d'expositions, d’ateliers, de débats, de projections afin de représenter l'art au féminin dans l'espace et dans le temps. Sous-tendue à cette initiative est la conviction que l'art est en mesure d'exprimer la réalité de façon universelle, en dépassant toute barrière culturelle et de réaffirmer que l'égalité entre homme et femme n'est pas synonyme d'uniformité, mais est le résultat d'une attitude harmonieuse dans la vi-sion et la compréhension du monde. «L'art et la culture peuvent contribuer à une participation plus active et élevée, par des femmes dans les différents domaines de la société, comme à rendre plus équilibrée leur participation aux différentes sphères de la vie sociale». Mais quelle est la situation concrète des femmes dans les différents contextes culturels des cinq continents ? La vie à pas de femme est une publication des éditions EMI, parue cette années dont les auteurs sont trois de nos soeurs : Mara Borsi, Rosa Angiola Giorgi, Bernadette Sangma. Une façon de donner sens à l’actuelle récurrence serait de nous engager à une lecture attentive de ces pages qui visent à mettre en évidence spécialement les ressources des femmes au service de la cohabitation pacifique, du développement, de l'éducation, à partir de la reconnaissance de l'impi-toyable situation de dégradation dont beaucoup d’entre elles sont contraintes, emprisonnées par des cultures et des traditions machistes. Si, dans tant de nations, n'existe pas une reconnaissance réelle des droits humains en général, la si-tuation est encore plus grave en ce qui concerne la reconnaissance de tels droits aux femmes. Ce-pendant aujourd'hui, beaucoup refusent d'être considérées comme des victimes et sont plus con-scientes de leurs ressources, de leurs capacités de résistance et d'avoir en main les clés pour des propositions et des actions alternatives même dans des situations-limites. Elles demandent d'avoir plus d’espace dans la participation aux processus qui concernent la paix, le développement soutena-ble, l'affirmation des droits humains. En tant qu’éducatrices salésiennes, il est intéressant de continuer à approfondir la conscience de l'apport irremplacable que peuvent offrir les femmes dans l'Église et dans la société Un tel apport découle de l'engagement d'exprimer avec cohérence la vision anthropologique, mûrie ces dernières décennies, mais enracinée dans le premier livre de la Bible, là où on affirme : «Dieu créa la personne humaine à son image, mâle et femelle, Il les créa» (Gn 1.27). C’est le principe bi-blique de réciprocité qui révèle le dessein de Dieu sur la personne humaine. La ressemblance avec Lui, inscrite comme qualité personnelle de l'homme et de la femme, est pour tous les deux un appel et un devoir : appel à vivre en communion ; devoir de valoriser la diversité dans un réciproque enri-chissement et dans le service de la vie. Si les femmes, conscientes qu’elles sont appelées, s’aident à le vivre comme un devoir, en dépassant les conditionnements sociaux, anciens et nouveaux, elles donnent une contribution irremplacable à la culture de la vie, en dénonçant le danger d'un progrès unilatéral, qui peut comporter une di-sparition graduelle de la sensibilité pour ce qui est authentiquement humain. À aucune de nous n’échappe l'apport de nombreuses femmes en faveur de la vie et de l’humanisation de la culture, la disponibilité à prendre soin de la reconstruction du tissu social lorsqu’il est déchiré par des tensions ou à rendre possible la survie pour tous dans des situations de précarité ou de guerre, l'engagement à dénoncer des situations qui questionnent notre conscience et notre responsabilité. Je pense au phénomène de la traite des femmes et des enfants pour le commerce sexuel. Ce ne sont pas seulement les femmes et les enfants qui sont victimes de la perte de leur di-gnité, mais tous ceux qui exploitent le corps humain et marchandent le don de la sexualité. Les effets plus graves sont la perte du sens naturel de l'amour véritable, la désagrégation de la famille, la déshumanisation de la culture. Outre la dénonciation, cette situation demande, particulièrement à nous femmes, de nous engager dans l'élaboration et la réalisation d'une proposition éducative qui transmette le sens de la vie comme don et comme vocation pour tous. L'anthropologie biblique à laquelle j'ai fait allusion, projette une lumière nouvelle, non seulement sur la compréhension de la relation homme-femme, mais même sur la beauté de toute différence humaine - personnelle et culturellle – lorsqu’elle est assumée comme pôle de réciproque potentialité dans l'accueil, le dialogue, la communion. À ce point, nous pourrions nous questionner : quel est-il l'apport spécifique des FMA, femmes con-sacrées, dans le monde d'aujourd'hui ? Nous sommes des femmes que Dieu a appelées à être signe et expression de son amour pour les jeunes, au moyen de l'éducation. Le Système préventif de don Bosco, vécu avec fidélité créatrice par Marie Dominique Mazzarello, est notre caractéristique dans l'Église et dans la société. Nous croyons, avec don Bosco, que «l'éducation est une affaire de coeur», c'est-à-dire une question de relation ; nous sommes convaincues que la personne humaine se réalise dans l'amour et doit être éduquée à l'amour sur un chemin quotidien de croissance qui n'éloigne pas du monde, mais rend responsables des autres dans la trame des relations quotidiennes, l'exercice de la profession, la plus vaste sphère sociale. Nous réaffirmons l'importance de notre apport féminin et marial aussi dans la Famille Salésienne, en reconfirmant le devoir d'exprimer selon les nuances féminines le Système préventif pour une proposition éducative qui manifeste, dans la culture contemporaine, la vision de l'anthropologie bi-blique. Les catégories de la confiance, du prendre soin, du partage et de la communion, offrent une base non seulement pour une traduction du Système préventif sur le plan de la pratique, mais pour com-prendre son interpretation qui le ravive avec la couleur et les nuances de la sensibilité féminine. Marie, mère et auxiliatrice, soutient notre engagement à collaborer à la construction d’un monde plus humain, où chacun puisse vivre avec dignité et joie. Nous sommes convaincues, comme dit un Auteur, que «demain, le monde appartiendra à qui aura offert une espérance plus grande». Lorsque cette espérance est Jésus, nous sommes certaines que l'avenir est dans nos mains et que la civilisation de l'amour, non seulement est possible, mais est déjà commencée. «Plus grand que tout est l'Amour» est le titre des Actes de notre dernier Chapitre général. Un amour qui se vêt de quoti-dienneté et relie les chemins différents des personnes en constituant un grand réseau de communion pour embrasser le monde, comme le remarquait un auteur :

«C’est la grande, interminable conversation des femmes. Ça semble une chose insignifiante : pensent les hommes, Ils n'imaginent que c’est cette conversation qui retient le monde dans son orbite… S'il n'y avait pas les femmes qui se parle entre elles les hommes auraient déjà perdu le sens de la maison et de la planète…»

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[José Saramago]

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