Une lecture sur le Moyen-Orient

Une lecture sur le Moyen-Orient

Le 24 septembre 1891 arrivent au Moyen-Orient (MOR) les cinq premières Filles de Marie Auxiliatrice qui s'établissent à Bethléem. Au cours de ces 120 ans, le rayonnement de leur présence s'est beaucoup élargi, atteignant Jérusalem en 1906, la Syrie 1913, le Liban en 1914, l'Egypte en 1915, la Jordanie en 1987, avec des ouvertures progressives de maisons et d'œuvres.

Les FMA du MOR ont toujours vécu et travaillé dans une société multiethnique et multi religieuse, avec une présence discrète de destinataires chrétiens (de diverses confessions) et de musulmans et un nombre proportionnel de collaborateurs laïcs.

Le Moyen Orient reste une des régions les plus sensibles de la planète du point de vue historique, géopolitique, culturel et religieux. La plus grande partie des Nations ont une unique identité : celle arabe. Trois religions. Une mosaïque de confessions et de rites. Chaque nation a une histoire riche où, au milieu des moments de souffrances, de guerres, de luttes, d'obscurité, l'espérance ne s'est pas éteinte.

Selon l'islamologue Zannini, les pays islamiques, sont semblables à des montagnes fragiles qui risquent de s'écrouler l'une après l'autre, comme dans un jeu de dominos. La révolution en Tunisie et puis en Egypte a été un tournant dans l'histoire du monde arabe, et vers elle regarde tous les peuples exploités de cette zone . Le 9 mai dernier s'est tenu à Genève un séminaire organisé par le Centre catholique International de Genève sur la situation du Moyen Orient : défis et espérances de démocratisation pour les peuples de cette région. Des éléments intéressants ont émergé parmi lesquels :

● Les manifestations et les réclamations en Tunisie, en Lybie, en Syrie etc. n'ont pas explosé à l'imprévu, elles sont le fruit d'un long processus qui a pris racine pendant la période de décolonisation, vers les années 60, au cours desquelles les pays arabes rêvent de créer une grande nation arabe, unie, moderne et libérale, en contre position des régimes politiques précédents corrompus et conservateurs. Mais les décennies successives ont été caractérisées par la même stagnation aussi bien sur le plan politique qu'économique. Tout cela a conduit à un grand mécontentement et à un désir de changement radical.

● La situation difficile dans laquelle se trouvent les minorités chrétiennes au Moyen Orient s'est aggravée et a accentué la division entre les communautés chrétiennes et les communautés musulmanes. Le grand défi est la reconnaissance et le respect de la diversité et de la parité entre toutes les composantes ethniques et religieuses qui caractérisent la société arabe, aussi bien sunnite, shiite, chrétienne ou kurde. Il n'en est pas moins important le rôle que doivent jouer les pays de l'Occident pour la protection des chrétiens.

● Les sociétés du MOR sont composées en grande partie de croyants, pour qui, dans la vie personnelle et sociale, la religion bien souvent occupe une place notoire et même prévalent et qui pa fois s'exprime en accentuant des liens et des manifestations extérieures au détriment de l'intériorité.

En Orient, pour beaucoup la liberté de religion veut dire liberté de culte. Il ne s'agit donc pas de liberté de conscience. La religion est, en général, un choix social et même national, non individuel. Changer de religion est vu comme une trahison envers la société, la culture et la nation construite principalement sur une tradition religieuse. La conversion est vue comme le fruit d'un prosélytisme intéressé, non d'une conviction religieuse authentique. Aujourd'hui dans les pays apparemment plus libéraux, les chrétiens sont souvent discriminés. L'Islam soutient qu'elle est la religion de l'unique vérité. Les autres religions sont tolérées. Pour cela il n'est pas permis à un musulman d'abandonner la vérité pour l'erreur. Changer de religion c'est donc trahir la société, la culture et la nation. La conversion d'un musulman au christianisme le transforme, du point de vue légal, en apostat

Du 10 au 24 octobre 2010, l'Assemblée spéciale pour le Moyen Orient du Synode des Evêques a eu un double objectif : confirmer et renforcer les chrétiens dans leur identité au moyen de la Parole de Dieu et des Sacrements, raviver la communion ecclésiale entre les Eglises particulières, afin qu'elles puissent offrir un témoignage de vie chrétienne authentique, joyeuse et attirante. Il est nécessaire de renforcer la communion, à tous les niveaux à l'intérieur de chaque Eglise Catholique d'Orient, entre les Eglises Catholiques et les autres Eglises Chrétiennes.

Quel avenir pour l'Eglise au Moyen Orient ? Nous demandons-nous. Le Père Samir Khali, jésuite né au Caire, théologien catholique et islamiste, parmi les meilleurs connaisseurs du Moyen Orient chrétien, professeur à l'Université de Beyrouth (Liban) et une des plus importante personnalité du dialogue inter religieux, a fait quelques déclarations intéressantes, parues sur la revue « Famille Chrétienne ». « Pour moi - a-t-il relevé - le dessein politique d'éloigner les chrétiens des grandes villes c'est parce qu'ils représentent un obstacle au véritable objectif d'Al Qaeda, qui professe un Islam fondamentaliste. Une fois les chrétiens chassés, ils prendront tout en main. Déjà en Jordanie et en Syrie il y a plus de quatre cent mille réfugiés provenant de l'Iraq.

Pour ce motif le Pape a organisé l'Assemblée du Synode avec tous les Evêques de la région : le problème n'est pas seulement pour les chrétiens, mais aussi pour les musulmans modérés qui ne veulent pas que les chrétiens abandonnent le Moyen Orient, parce qu'eux aussi craignent l'avancée du fondamentalisme islamiste. Là où il y a le christianisme, la société islamiste est plus ouverte, plus tolérante et augmente sa culture. En Egypte où les Coptes sont une minorité, on craint beaucoup l'avancée des frères musulmans qui veulent imposer un Etat Islamiste. Au Liban, pays culturellement et constitutionnellement multi religieux, même si en 60 ans les chrétiens sont passés de 51 à 35 %, les chrétiens ont besoin d'être soutenus, d'être protégés. Déjà Jean Paul II, en 1989, dans une lettre apostolique écrivait : « Le Liban c'est quelque chose de plus qu'un pays : c'est un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l'Occident comme pour l'Orient ».

Pour nous FMA, vivre et renforcer notre présence au Moyen Orient c'est une expression d'amour pour l'Evangile , c'est un sens vivant de l'Eglise, une solidarité et une proximité de tant de frères dans la foi souvent discriminés et non accueillis, une ouverture à un projet constructif d'inter culturalité. C'est surtout une fidélité au charisme dans l'écoute de la situation des jeunes particulièrement fragiles aujourd'hui dans les pays du Moyen Orient parce qu'ils sont exposés à de multiples pressions: celle d'un Etat envahissant, d'une société où souvent la religion dicte la politique, de la fuite comme tant de familles. Des jeunes exposés à l'influence de l'Occident dont ils ressentent l'attraction et les tentations, liées surtout à la pénétration massive des nouveaux moyens de communication. L'urgence éducative touche des points particulièrement critiques : pour nous, un défi qui nous engage à une profonde écoute, une grande attention et un don passionnant.

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3 commentaires
10/07/2011 - Sr. Ada Bisci

Grazie! Ci voleva questa presentazione di una realtà, per fare chiarezza. I problemi di ogni tipo che si creano in queste situazioni hanno bisogno di soluzioni basate sulla verità e sostenute dall`accompagnamento dei più giovani,e da tanta preghiera al Dio della Pace che abita i nostri cuori.

08/07/2011 - sr. ibtissam

sono, siamo per il rinnovamento delle nostre societa` arabe e dello stile di governo che vige. ma questo lo si lasci fre dai cittadini stessi sensa influsso dal di fuori... Afganista, Irak, Libia... sono casi in cui chi ha creduto di aiutare ha creato disastri... ringrazio invece chi prega, chi continua ad amare questi popoli e sopratutto chi cerca di capire la reale composizione di questi popoli...

06/07/2011 - Sr.Amira Kondos- Aleppo

Con tutto il cuore invoco il Signore perche` infonda la pace su questa terra sofferente . D.Bosco e M.Mazzarello sono vivi in mezzo a noi , e sono voluti bene dagli arabi , e di questo siamo orgoliose . E` stupendo il nostro Istituto che abbraccia ogni lingua e razza .


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