L’Expérience formative de l’Oratoire

L’Expérience formative de l’Oratoire

L'action formatrice de don Bosco sur l'ensemble de la communauté apportait de précieux éléments à la définition de la personnalité des Salésiens comme éducateurs et comme religieux. Sans aucun doute sa manière d'être, son style d'encadrement, son aptitude à communiquer composaient une école de vie à laquelle chacun puisait et qui appelait en permanence à agir comme don Bosco.

L'apprentissage des méthodes d'éducation se faisait à travers l'expérience, en particulier l'expérience de la relation sur le terrain.

La formation sur le terrain

En nous appuyant sur des sources historiques, nous pouvons affirmer que la meilleure formation n'était pas dispensée dans les centres organisés de formation et d'études. Par principe, ceux ci n'avaient pas l'exclusivité de cette formation, même si l'inévitable exigence s'en faisait sentir toujours davantage sur le plan juridique comme pédagogique. Mais la priorité était donnée à la formation sur le terrain (1870-1877).Cela s'explique également parce que le fonctionnement des Oeuvres n'était pleinement assuré qu'avec la présence de séminaristes étudiants en théologie et en philosophie, de novices et même de postulants laïques et ecclésiastiques, dont plusieurs prêtres.

Valdocco dans les années soixante dix (1870) se présente comme une communauté aux visages multiples, en phase avec l'éducation collégiale de l'époque. Une communauté où les éducateurs sont appelés à affronter des problèmes concrets tant sur le plan de l'éducation que sur le plan de l'organisation et de l'économie.

Le 17 mars 1878, Don Barberis, décrivant la situation des séminaristes affectés, affirmait que le groupe semblait plus calme, l'assis-tance peu difficile, mais qu'un problème subsistait : “on organise mal son temps”. On notait une situation plus grave dans l'école de Philosophie à cause d'une disparité impor-tante entre les élèves : certains avaient une culture passable alors que d'autres n'étaient pas encore capables de lire couramment ni de soutenir le rythme d'une dictée normale. Les premiers, découragés en permanence par la lenteur du cursus scolaire, finissaient par devenir des “perturbateurs”, d'où des questions évidentes de discipline ; les seconds étaient en permanence humiliés de leur propre ignorance et leurs professeurs étaient fatigués et au bord de l'épuisement à cause de continuels rappels à l'ordre.

Toujours en mars 1878, Don Barberis écrit que pour résoudre les problèmes dus au manque de discipline, on décide de donner chaque semaine une note de conduite et il fait cette réflexion : “Il est certain que donner des notes en dernier recours, c'est un pis aller pour obtenir ordre et discipline, mais il est aussi certain que l'on apprend à aller de l'avant par la crainte plus que par l'amour”.

A Valdocco, nous trouvons un contexte formateur qui part de l'expérience : il reflète ce que les éducateurs consacrés au bien des jeunes ont vécu sur le terrain. C'est dans les récits de vive voix, les dialogues familiers, les conférences et les écrits que l'on retrouve ce qui définit fondamentalement l'éducateur salésien : la passion pour l'éducation des jeunes les plus démunis et pour leur salut éternel.

Les conférences périodiques ou occasionnelles et les lettres circulaires étaient le trait d'union privilégié de la formation. Les invitations à rester unis, solidaires, étaient multiples, même si elles rencontraient de l'opposition et des critiques injustes.

Une confrontation ouverte

Don Bosco à mesure que son œuvre s'organisait et s'étendait, consacra sa vie à une expérience singulière de formation permanente, destinée aux responsables des divers centres. Une fois l'an, en général dans les jours qui précédaient ou suivaient la fête de Saint François de Sales, on organisait à Valdocco une courte rencontre dite “Conférence”, afin de répondre aux besoins de la Congrégation. Dans celle ci, au cœur de celle ci, “Don Bosco restait le maître ; mais sous des formes multiples il favorisait la formation collective des partici- pants. Il laissait la présidence de tant de réunions à son collaborateur le plus proche, don Rua, et dans bien des cas, il se limitait à un contrôle de forme non directive”

Au cours de ces rencontres, les compétences de chacun s'enrichissaient grâce aux échanges d'expériences, à l'animation réciproque, à l'analyse du développement des œuvres ; l'art de la communication et de l'information s'affinait, de même que le style de gestion et d'encadrement des œuvres. La relation s'approfondissait entre des disciples mûrs, francs dans l'expression de leur propre pensée face au Fondateur officiel.

Les rencontres des éducateurs étaient assez régulières et bien des fois les membres du chapitre supérieur ou du chapitre de la maison locale se réunissaient ensemble, professeurs et assistants -parmi lesquels étaient les plus jeunes des éducateurs- pour rappeler quels étaient les traits caractéristiques du système éducatif. Au premier plan on trouvait toujours comme critère pédagogique la volonté d'aimer, la recherche d'une unité d'intention dans l'action éducative, la nécessité du soutien et de l'aide réciproque pour gagner la confiance et l'amour des jeunes.

A Valdocco c'est dans l'expérience que naissent les compétences éducatives et au premier plan c'est véritablement dans la réalité de la vie. On pourrait ainsi affirmer que l'Oratoire non seulement se présente comme un laboratoire pédagogique, mais aussi comme une communauté de mise en pratique. c'est un lieu reconnu par bon nombre de pédagogues contemporains comme un environnement idéal de formation, au sein duquel des acteurs variés sont confrontés et se regroupent autour d'une méthode de travail à travers celle ci se développent la solidarité dans la résolution des problèmes, le partage des savoirs faire et des langages.

L'intuition née de l'histoire salésienne consiste à placer l'expérience, le vécu au centre du dialogue éducatif et spirituel : la vie quoti-dienne dans ses petites attentes, actuelles mais décisives, dans ses problèmes, ses peurs, ses espérances, ses projets. 

Mara Borsi - Rivista DMA n°9/10 - 2010 

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2 commentaires
05/03/2012 - Denize

Grazie Sr. Mara per la riflessione. È sempre una forma di aiutare a crescere nell`amore educativo fondamentato nelle radici del Carisma Salesiano. Tanti saluti. Sr. Denize

28/01/2012 - suor Luigina

"Oratorio" parola interessante e forse ancora un po` da riscoprire. In realtà il PROGETTO EDUCATIVO di Don Bosco era così significativo e così incisivo perché era un PROGETTO DI SANTITÀ. Una santità che legava e univa la vita concreta del salesiano e del giovane. Troppe volte noi educatori consacrati pensiamo a cose da offrire ai giovani per portarli nei nostri ambienti: Pub, Zone WIFI, ecc…. organizziamo, organizziamo, organizziamo e non ci accorgiamo che loro desiderano noi, il nostro ascolto, la nostra attenzione a tutta la loro persona e soprattutto la nostra vita visibilmente e realmente offerta per loro. Questo non basta farlo il giorno della Consacrazione religiosa ma è un donarsi che deve avvenire nella ferialità di tutta la nostra vita e all’interno delle nostre comunità. L`Oratorio è più che mai attuale come è più che mai attuale la bellissima vocazione salesiana.


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